VI VERI VENIVERSUM VIVUS VICI


dimanche 9 décembre 2007

Qu'est devenue l'Arche d'Alliance ?

L'Arche d'Alliance était le coffre qui contenait les Tables de la Loi (les Dix Commandements), données par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. Le coffre sacré fut construit par les Israélites durant leur long périple à travers le désert. Il fut installé plus tard à Jérusalem, dans le Temple construit par Salomon. Après cela, la Bible n'en fait pratiquement plus mention. En réalité, il est bien difficile de savoir ce qu'il est advenu de l'Arche d'Alliance depuis cette époque ; diverses hypothèses ont été avancées.


La piste éthiopienne


Il existe une ancienne tradition venant d'Afrique, selon laquelle l'Arche d'Alliance serait conservée en Ethiopie [1][2]. Dans cette version, l'Arche aurait été volée à Salomon à la suite de la visite à Jérusalem de la reine de Saba, supposée être venue d'Ethiopie. Les deux souverains auraient eu un fils, le prince Ménélik, qui serait retourné plus tard à Jérusalem pour dérober l'Arche. Aujourd'hui, la ville éthiopienne d'Aksoum possède encore une chapelle considérée comme abritant le fameux objet ; construit à côté de l'église orthodoxe Sainte-Marie, ce sanctuaire renfermant l'Arche éthiopienne est interdit d'accès et placé sous la surveillance permanente d'un gardien. La ville d'Aksoum comprend aussi les ruines d'un palais attribué à la reine de Saba. Ce scénario a des racines littéraires non bibliques. Il est valable si l'on assimile le royaume de Saba à l'Ethiopie, hypothèse aujourd'hui en concurrence avec la découverte des vestiges d'un antique "royaume de Sheba" au Yemen (voir article). La tradition éthiopienne reste cependant très attachée aux sources culturelles de cette version.





La chapelle d'Aksoum en Etiopie supposée renfermer l'Arche d'Alliance.
(image : http://exodus2006.com)





La piste égyptienne


Une autre théorie peut-être mieux documentée, suggère que c'est l'armée égyptienne du pharaon Sheshonq qui, ayant vaincu Israël vers 930 av. J-C., aurait emporté la plupart des objets liturgiques du Temple (1 Rois 14, 25-26 ; 2 Chroniques 12, 2-9). L'Arche d'Alliance aurait elle aussi pris le chemin de l'Egypte. Ce scénario est en fait peu étayé, car d'une part il n'est pas certain que les Egyptiens soient entrés dans Jérusalem, et d'autre part l'Arche n'est pas mentionnée dans les objets emportés. Cette version inspirera néanmoins le cinéaste Steven Spielberg en 1975 lors de la réalisation du célèbre film : "Les aventuriers de l'Arche perdue".


La piste du mont Nébo


Il existe pourtant un passage de la Bible qui donne des indications explicites sur le destin de l'objet. Dans le second Livre des Machabées, il est précisé que l'Arche fut sortie du Temple par le prophète Jérémie, pour être transportée et mise à l'abri dans une caverne secrète sous la montagne où mourut Moïse (2 Macchabées 2, 4-8). Peu de temps après le transfert, Jérusalem fut prise par les Babyloniens (vers 598 av. J-C), et ses habitants furent déportés à Babylone. Le Temple fut pillé, et les objets liturgiques furent emportés à Babylone (2 Rois 25, 13-15). Là non plus, l'Arche n'est pas citée dans le butin ; ce qui est logique dans la mesure où elle se trouvait déjà à l'abri. En outre, tous les objets pillés seront rapatriés plus tard, lorsque l'exil des Hébreux prendra fin.



Une reproduction classique de l'Arche d'Alliance, inspirée de la Bible.
(image : http://ebibleteacher.com)



C'est en se fondant sur ces considérations qu'en 1931, un explorateur américain du nom d'Antonia Futterer alla prospecter autour du mont Nébo [3]. Contre toute attente, il déclara à son retour avoir trouvé une galerie souterraine, qui se terminait par une porte murée, sur laquelle était gravée une inscription en hébreu signifiant : "Ici repose l'Arche dorée"... Mais l'explorateur fut empêché de poursuivre ses recherches. Quelques cinquante ans plus tard, un autre explorateur, Tom Crotser, prit la suite de cette recherche. Sous le mont Pisga tout proche du mont Nebo, Crotser découvrit effectivement un tunnel menant à un mur gravé de quelques signes, tels que son prédécesseur les avait décrits. Il creusa alors le passage, traversa le mur, et pénétra dans une crypte de forme cubique. Cette salle contenait un coffre de métal doré, recouvert d'une bâche. l'objet ressemblait fort à l'Arche tant recherchée... L'explorateur prit des photos, et de retour il les montra à quelques personnes, et en particulier à un archéologue éminent, Siegfried Horn. En observant minutieusement les clichés de l'Arche, le spécialiste reconnut une plaque de cuivre et un clou manifestement usinés avec des machines modernes. En conclusion, il fallut bien admettre que ce coffre était un faux de confection récente.


La piste du Golgotha


La véritable Arche d'Alliance a cependant continué à faire l'objet de recherches. Il existe encore une autre tradition ancienne selon laquelle l'Arche aurait effectivement été enterrée par Jérémie, non pas sous le mont Nébo, mais à Jérusalem-même. Partant de cette idée, des explorateurs ont également fouillé dans la ville sainte. Le récit suivant est plus surprenant encore que les précédents. Qu'il soit véridique ou non, il mérite d'être rapporté car il tient du merveilleux [5][6][7][8][9].

En 1978, l'archéologue américain Ron Wyatt se rendit à Jérusalem où il s'interrogeait à propos de la tombe de Jésus-Christ. Au cours d'un entretien sur le terrain, il eut une intuition, et suggéra que l'Arche d'Alliance pouvait être enfouie dans une caverne sous la colline du Golgotha, lieu où Jésus fut crucifié. Peu après, Wyatt se convainquit qu'elle s'y trouvait réellement, et se sentit investi de la mission de la retrouver. Ayant obtenu du Département des Antiquités d'Israël l'autorisation de fouiller, il se rendit alors proximité de la colline du Golgotha, et inspecta longuement les alentours, et en particulier le pied de la colline. Commença alors une longue campagne de fouilles, impliquant le dégagement de grandes quantités de gravats. Au cours de cette longue prospection, il retrouva le sol vierge du Golgotha et le trou taillé où fut peut-être plantée la croix du Christ (voir article). Mais ce que Ron Wyatt recherchait, c'était l'Arche d'Alliance. Il continua donc à fouiller à proximité, et le 6 février 1982, il finit par déceler un passage souterrain naturel très étroit, où il se glissa en rampant avec difficulté.




Ron Wyatt en compagnie de Dan Bahat,
responsable du service des Antiquités de Jérusalem.
(image : http://www.wyattmuseum.com)



Ron Wyatt et un coéquipier pénètrent dans le conduit.
(image : http://www.wyattmuseum.com)



Ron Wyatt suivit péniblement la galerie naturelle qui se prolongeait, et déboucha sur une assez large cavité encombrée de pierres. Balayant l'obscurité avec le faisceau de sa lampe torche, il aperçut un objet réfléchissant comme du métal doré. S'approchant de cet espace, il reconnut alors divers objets de culte. Il distingua aussi une imposante cuve de pierre, surmontée d'un couvercle entrouvert. Ron Wyatt pensa que l'Arche d'Alliance pouvait se trouver à l'intérieur. Le couvercle était cependant trop proche du plafond pour permettre une vision du contenu. Malgré la très mauvaise accessibilité, s'étant équipé de caméras montées sur des perches, Wyatt réussira à visualiser le contenu de la cuve. N'en croyant pas ses yeux, il put constater que l'Arche d'Alliance était bel et bien présente. L'objet avait l'aspect d'un coffre plaqué or, surmonté de deux statuettes de chérubins ...





Ron Wyatt se faufilant, et apparaissant à l'entrée de la galerie.
(images : http://www.wyattmuseum.com)


L'archéologue très impressionné ressortit du lieu exploré, et informa quelques personnes de son incroyable vision. Il en rendit compte auprès des autorités israéliennes, qui lui demandèrent alors d'observer la plus grande discrétion. Ron Wyatt fut néanmoins autorisé à poursuivre l'exploration. Il retourna de nombreuses fois dans la grotte. Wyatt fit l'inventaire du mobilier liturgique, et reconnut plusieurs objets évoqués dans l'Ecriture : le chandelier à sept branches, la table des pains de proposition, l'autel des parfums, une grande épée, et divers autres objets. Plus étonnant encore, il trouva dans un compartiment latéral du coffre, des textes inscrits sur des peaux de mouton, qu'il examina sur place et identifia comme étant plusieurs des livres de la Bible : l'Exode, le Deutéronome, les Nombres, le Lévitique. Wyatt pensa que ces documents étaient d'époque, et qu'il pourrait même s'agir des manuscrits originaux du Pentateuque, écrits de la main de Moïse.

Sur le couvercle partiellement ouvert du coffre de pierre, Ron Wyatt remarqua une étrange substance sombre, qui paraissait avoir coulé du plafond et être tombée sur l'Arche. Juste au-dessus, une fissure était visible dans le plafond de la caverne. Wyatt devait vérifier plus tard qu'elle se prolongeait jusqu'au Golgotha. Un prélèvement de la substance noire fut effectué. Ron Wyatt fit analyser cette poudre en laboratoire. L'examen au microscope donna un résultat ahurissant. Cette matière était du sang humain déshydraté. Son étude génétique fit ressortir une composition absolument inimaginable pour un biologiste. Le sang ne contenait que 24 chromosomes, et non pas 46 ; 23 d'entre eux étaient de type X, et un seul de type Y. Ce résultat, inconcevable pour un être humain normal, pourrait suggérer que ce sang serait celui du Christ, car il ne proviendrait que d'une femme (la Vierge Marie), donneuse des chromosomes X, auxquels ne s'ajouterait qu'un seul chromosome masculin (Y), qui serait d'origine divine.





Vision au microscope du sang trouvé par Ron Wyatt.
(image : http://www.wyattmuseum.com)




On peut trouver à tous ces faits plus d'une interprétation, conduisant à des implications d'ordre spirituel. Dans l'un des évangiles de la Passion, il est écrit que la mort du Christ s'accompagna d'un tremblement de terre, qui provoqua une fissuration du sol (Matthieu 27, 61). Cela peut signifier que le sang du Sauveur, ayant coulé au pied de la croix, se serait infiltré dans les fissures du sol ... pour atteindre l'intérieur de la grotte, et tomber sur le couvercle de l'Arche d'Alliance. L'interprétation théologique peut même aller plus loin : l'Agneau du sacrifice (le Christ) a été immolé, et son sang a coulé jusque sur l'Autel de Dieu (l'Arche d'Alliance).





Reconstitution imagée montrant le sang du Christ
s'infiltrant jusqu'à l'Arche d'Alliance.

(image : http://users.netconnect.com.au/~leedas)



Représentation de l'Arche d'Alliance,
faite à partir d'une description de Ron Wyatt.

(image : http://users.netconnect.com.au/~leedas)



Dans son exploration de la chambre souterraine, Ron Wyatt trouva à l'intérieur de l'Arche les deux tables de la Loi. Elles étaient écrites en araméen, sur le recto et le verso. Il prit de très nombreuses photographies de tous les objets ; mais au développement les nombreux clichés ne montrèrent que des images brouillées.

Cette découverte, s'il en est, a été très peu divulguée. Peu de temps après, les autorités israéliennes ont dépêché une équipe d'hommes de la tribu de Lévi, ayant pour mission de faire sortir l'Arche vers la surface. Les six jeunes gens de ce groupe sont tous morts dans le tunnel. Depuis ce jour, l'Etat d'Israël est devenu encore plus soucieux de garder la discrétion sur cette affaire.





Photo brouillée de l'Arche d'Alliance, prise par Ron Wyatt.
Elle aurait dû montrer l'un des deux chérubins et le couvercle.

(image : http://www.wyattmuseum.com)


Etant donné l'étroitesse de la galerie empruntée par Ron Wyatt, il est évident que l'Arche d'Alliance fut jadis introduite par un autre chemin. Wyatt se mit donc à la recherche de l'accès initial. Au fond de la grotte, il distingua effectivement un large passage scellé, totalement fermé par de très gros blocs rocheux, qu'il était impossible de dégager. Ron Wyatt en conclut qu'il serait plus judicieux de rechercher l'entrée principale depuis l'extérieur.

L'accès provisoire par la fissure naturelle ne constituant pas un itinéraire commode, il a été décidé de le condamner, ce qui assurerait du même coup la sécurité de son précieux contenu. L'entrée utilisée par l'archéologue a donc été entièrement rebouchée, et rendue totalement invisible. Cependant, le programme des fouilles ne s'arrête heureusement pas là. Le nouvel objectif visé est désormais de mettre au jour l'accès original du tunnel. Mais où chercher ? Plusieurs possibilités ont été envisagées, puis explorées, mais sans grand succès.

Ron Wyatt est mort en 1999. Il n'a pas réussi à trouver l'entrée du tunnel. Après sa mort, les travaux ont repris sous la direction de la fondation WAR (Wyatt Archeological Research). Ils ont essentiellement consisté à explorer depuis la surface une ancienne voûte maçonnée, enfouie sous un soubassement de mur. En 2003, un creusement a été entrepris, mais dans des conditions de risques d'effondrement importants. Les travaux ont été suspendus, pour permettre une meilleure sécurisation, puis ont repris en été 2005.

Peu avant son décès, Ron Wyatt a accordé sur son lit de mort une interview au "World Net Daily", dans laquelle il maintient ses affirmations à propos de l'Arche d'Alliance. Pourtant, même aujourd'hui, son histoire est encore très peu connue. Ron Wyatt était convaincu que l'Arche devait rester cachée. En fait, il s'est produit des incidents avec d'autres personnes. Un groupe d'amateurs s'étant introduits frauduleusement dans le passage naturel, ont failli être enterrés vivants. Il semble que pratiquement personne n'ait osé publier cette découverte, sans doute par crainte des implications qu'elle pourrait avoir si elle s'avérait véridique.

Aux dernières nouvelles (avril 2007), les membres de la Wyatt Archaeological Research ont préféré retirer de leur site Internet le détail du récit de la découverte. En effet les dernières explorations ne semblant pas confirmer totalement le récit de Wyatt, leur contenu n'est plus rendu public en attendant des investigations plus poussées [5]. Affaire à suivre ...


Referencia
http://bible.archeologie.free.fr/archedalliance.html

2 commentaires:

ariel a dit…

le talmud rapporte qu'un Cohen aurait en soulevant une pierre de la pièce ou le bois était entreposé (lichkat aétsim) dans le second temple, trouver la mort.
sous le plancher de pierre se serait trouver en effet l'arche avec les kerouvim.
je tiens a la disposition de tous les sources précises.
ariel

Cesco a dit…

A propos de la reine de Saba, ici quelques extraits du "Kebra Nagast", grand classique éthiopien, à propos de sa rencontre avec le roi Salomon :

http://www.villemagne.net/site_fr/jerusalem-reine-de-saba.php