VI VERI VENIVERSUM VIVUS VICI


samedi 29 septembre 2007

Le Comte de Saint-Germain

L’identité réelle et la vie du Comte de Saint-Germain restent encore aujourd'hui une énigme. Il apparaît pour la première fois en 1745 : l’écrivain britannique Horace Walpole rapporte alors qu’un mystérieux étranger, qui se fait appeler le Comte de Saint-Germain, défraie la chronique de Londres par ses démêlés avec la police, mais aussi ses succès mondains en tant que violoniste virtuose. Après avoir quitté l’Angleterre en 1746, il reparaît en 1758. Il prétendra avoir séjourné entre-temps en Inde et en Perse. Le marquis de Marigny, frère de la maîtresse toute-puissante de Louis XV, la marquise de Pompadour, lui fait alors aménager un appartement dans le château de Chambord pour qu’il y mène à bien ses expériences de chimie. Il sera ensuite présenté au roi, et deviendra la coqueluche de la cour de Versailles.

Il jouera même le rôle de diplomate officieux de Louis XV, lorsque le roi cherchera à mettre fin à la guerre de Sept Ans avec l’Angleterre. De nombreuses rumeurs, qu’il entretient à plaisir, courent alors sur son compte : il détiendrait le secret de la pierre philosophale, qui permet de fabriquer de l’or ; il serait d’ascendance royale ; il serait même immortel. En effet, son érudition et sa mémoire prodigieuse lui permettaient d’impressionner les crédules en racontant la vie à la cour de François Ier et dans l’Egypte antique, ou encore le miracle de Jésus-Christ aux Noces de Cana comme s’il les avait connus. Dans leur correspondance, Voltaire et le roi Frédéric II de Prusse ironisaient d’ailleurs déjà sur « cet homme qui ne meurt jamais ».

Il est impossible de savoir avec certitude la vérité sur cet aventurier, qui se disait « le plus ancien des francs-maçons », et dont le magicien Joseph Balsamo, dit Cagliostro, se prétendait l’apprenti. Il est toutefois certain que cet « immortel » fut enterré le 2 mars 1784 dans l’église d’Eckenförde, en Allemagne.

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